Quand lire devient une boussole pour comprendre le réel
- Bilguissa Diallo
- 28 févr.
- 3 min de lecture

En ce début d'année 2026, il devient de plus en plus difficile de se repérer dans le monde. L'année 2025 a tellement été sécouée par l'impact de Donald Trump sur la planète, qu'il demeure difficile de décrypter le futur et de s'accrocher à un quelconque semblant de stabilité. Je me souviens que du temps de ma jeunesse, on regardait l'avenir avec un mélange d'appréhension face au chômage ou à des maladies comme le sida, mais avec la conviction que le progrès technologique et la coopération mondiale nous permettrait d'éviter les plus grands dangers. C'était avant le grand tournant du 11 septembre 2001, et surtout avant que l'actualité ne semble s'accélérer et que l'apparition des réseaux sociaux ne contribue à brouiller les pistes et à accentuer les divisions.
Aujourd'hui, ce qui perturbe, c'est l'incapacité de pouvoir envisager le futur à horizon de deux ans. Avec le dérèglement climatique, les guerres, l'impact de l'IA et le retour des idéologies nauséabondes, il est quasiment impossible de se dire que les temps seront sereins et qu'on peut prévoir un peu pour les siens.
En ce jour, les USA ont bombardé l'Iran et vraisemblablement tué leur dirigeant. Encore une fois, il n'est pas ici question de pleurer un autocrate qui n'a pas hésité à sacrifier récemment plus de 40000 de ses concitoyens en quelques semaines pour se maintenir au pouvoir, mais il ne faut pas se leurrer. le but de la maneouvre n'est pas altruiste. Et s'il est possible au chef de la plus grande puissance d'aller rapter un président une nuit, puis assassiner un autre président quelques semaines plus tard, cela sans l'accord de son parlement, cela laisse augurer de l'absence de contrôle dans lequel il se trouve.
Nous sommes face à une personne incapable de réguler sa volonté et de valoriser la vie d'autrui.
Le danger est donc réel et majeur pour tout le monde. Dans ce pays, on enlève des gens en plein jour, sans considérer leur statut légal ni familial. On expulse des gens dans des pays tiers, on construit des centres de rétention dérégulés dans lesquels les droits humains disparaissent, et surtout, on tue devant caméra ses propres concitoyens, sans représailles de l'état (Renée Good et Alex Pretti à Minneapolis). Dans ces moments, on se souvient de livres qui ont préfiguré ce type de régime autoritaire, on pense à 1984 de George Orwell ou à La Servante Ecarlate, de Margaret Atwood ... On lit souvent pour se détendre et pour décrypter le monde normalement. Mais à la lumière de l'actualité, il semblerait que ces lectures soient quasiment un manuel de survie en milieu autocratique, un manuel de résistance pour naviguer dans des temps incertains où le réel est manipulé au profit d'une idéologie, où les puissants ont perdu la raison et sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Et bien évidemment, cette situation ne concerne pas uniquement les USA ou des dictatures du Sud. La France vit actuellement un temps de turbulence où on essaie de faire passer les partis de gauche (LFI) et leurs alliés pour des terroristes intérieurs, et de sanctifier les identitaires (groupes néonazis et RN) qui prêchent la haine à longueur d'année. Une sorte d'inversion des valeurs qui font sonner le "la guerre c'est la paix" de George Orwell comme un avertissement. Quand plus rien n'a de sens, et quand les valeurs sont inversées, il demeure capital de se replonger dans les écrits de penseurs qui ont traversé les mêmes problèmes ou qui ont su anticiper les écueils de ces situations.
Dans ce contexte, je vous souhaite de lire et d'en tirer des leçons salutaires qui vous aideront à faire vos choix en ces temps incertains.


